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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 06:57

Mercredi 14/11/84

Je suis seul à la Fouasserie dans la maison de mon père. Une odeur désagréable dans la cuisine difficile à éliminer. Peut-être avec de l’eau javellisée ? Je frotte le ciment,  il faut y croire, mais… !

J’ai écrit et téléphoné à Annick, seule dans son Fort. Une semaine sans être ensemble, ça va… trois, bonjour les dégâts ! Nous sommes tellement habitués ensemble.

Je monte dans mon pigeonnier… ma mansarde. Brrrr… !

16/11/84

Je viens de passer une heure à l’hôpital. Pépé dormait, sans avoir l’air de souffrir.

A midi, il va au réfectoire sur un fauteuil roulant avec d’autres infirmes, et mange avec eux. Plus tard, il demandera une table à part où il sera seul.

Il a beaucoup maigri.

Hier soir, jusqu’à 23h,  mes cousins François et Marcelle m’ont reçu chez eux et nous avons beaucoup bavardé. Que de souvenirs sont remontés à la surface

Ce midi, j’ai mangé en compagnie d’autres cousins, Eugène et Annick à Euromarché, et, là aussi, sans arrêt, nous avons parlé, parlé…

Depuis deux ou trois jours, il y a de la glace sur la voiture le matin. J’ai eu du mal à introduire la clef dans la serrure.

Aujourd’hui, je suis resté un peu plus longtemps avec Pépé, car Joseph et Christine étaient absents.

17/11/84

Je suis loin d’être en vacances. Je vois mon père qui décline rapidement, ses gémissements, ses draps dans un état que je n’ose décrire, ses jambes décharnées, et ses bras, et le reste… son entourage de fin de vie...

Tristesse de la vieillesse, leurs maux, leurs souffrances morales, leurs rares moments de détente…

à suivre

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:19

Lundi 12/11/84

 

Tribunal : affaire Claude Manac’h

Le juge :

- M.Manac’h ?

Il me semble avoir entendu une faible voix provenant d’un avocat qui disait :

Excusez-moi Monsieur le juge

et celui-ci de répondre :

- Vous dormiez Maître ?

Le juge au responsable de l’accident :

- Vous aviez 1,60 grammes d’alcool dans le sang. Monsieur X…( nom illisible). Vous avez coupé la route à un motocycliste (Claude) qui vous doublait. Racontez-moi comment cela s’est-il passé ?

Monsieur X :

- Je tournais pour aller chez mon fils. Je devais tourner à gauche, et je connais bien l’endroit. J’avais mis mon clignotant. Je pense que je ne suis pas en tort.

Le juge :

- Vous avez hésité ?

M…X :

- Oui, j’ai freiné plusieurs fois car il fallait que je tourne.

Le juge :

Faîtes entrer le témoin, dîtes :

 je jure de dire la vérité…

Le témoin :

- beaucoup trop d’hésitations pour M …X. Il a mis son clignotant à gauche, mais le motocycliste ne pouvait voir qu’il allait tourner à gauche.

Le juge : “ L’affaire est mise en délibéré pour le 26/11. Affaire suivante…

A suivre

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 07:15

1/11/84

Toussaint, une bonne affaire pour les fleuristes, les jardiniers, les marchands de chrisantèmes, bruyères ou autres plantes.

2/11/84 :

Mithé a téléphoné hier : mauvaises nouvelles de Pépé, moral au plus bas pour elle et Marcel.

Stéphane

Stéphane est resté parmi nous ; Ce matin, nous lui achetons une raquette de ping-pong, et ensuite nous nous battons pour le plaisir du jeu !

4/11/84

Stéphane est un débrouillard : je lui ai fait cadeau de ma raquette, et il m’a battu en deux manches. Mais le combat continue, acharné, passionné. “ La lutte était ardente … acharnée, mais joyeuse ! ”

Claude est dans nos murs. Il part en Irlande dans huit jours, pour deux semaines.

 

Ma mémoire est rebelle. J’essaye en vain depuis une dizaine de jours de me rappeler quelques six lignes par cœur, extraites de l’Odyssée de Homère, et qui concernent Ulysse. C’est le moment de citer ce que je sais par cœur et que je me répète souvent : “ Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage…j’ajouterais même mille fois ! ”

Lundi 5/11/84

Stéphane retourne à l’île Tudy et … au lycée !

Il aurait bien continué ces vacances de jeux : ping-pong, yam, fléchettes. Mais tout à une fin.

Mercredi 7/11/84

Nous sommes revenus de l’île Tudy sous une pluie battante.

Aujourd’hui, Claude part en congé vers l’Irlande, via l’Ille-et-Vilaine.

Vendredi 9/11/84

Philippe passe des examens… à la clinique du ter, pour son genou. Est-ce une suite de son foot à l’ASV ?

Anita et Philippe vont sans doute passer quelques jours au Fort.

Je dois partir mardi pour Morlaix. A mon tour de servir mon père.

Lundi j’irai au tribunal à Lorient pour le jugement au pénal de l’accident de Claude.

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 06:52

Quelle a été ma réaction lors de la mobilisation ?

Un désarroi profond, la sensation d’un bouleversement complet dans nos habitudes, une tristesse difficile à décrire qui imprégnait tout le monde.

Pour réagir, mon impulsion me pousse vers le vélo. Ce fameux vélo qui console, et qui roule, toujours sur Morlaix (ça descend), puis sur Keravezen (ça monte, peu importe), où tout le monde s’active aux battages. Il faut se presser, car les hommes vont partir : tonton Guillaume, Jean Laé, Louis Laé, Ollivier... et combien d’autres qui aident avant de s’en aller. Tous mobilisables.

J’ai seize ans, je suis valide, je monte sur la meule de blé, et au travail. J’en oublie de reprendre la route du retour, il n’y a pas de téléphone, j’oublie la guerre, je mange, je bois, je dors, je travaille durant deux jours, avant de penser au retour !

En revenant à Plouigneau, mes parents sont soulagés, mais mon père se fâche tout rouge. Je suis consigné dans ma chambre... pour un après-midi. J’en profite pour piquer un roupillon.

Et la vie reprend son petit train-train. Heureuse nature qui me permet de tourner la page triste aussi rapidement, et je ne suis pas le seul. Car les Français s’habitueront aussi. La “drôle de guerre“ qui commence va durer neuf mois, jusqu’à l’invasion de la France par les Allemands.

A suivre

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 18:16

La vie au ralenti !

 

17/10/84

Morlaix :  Pépé bien bas hier soir. Il a peu mangé ; J’ai trouvé qu’il déclinait peu à peu.

De l’autre côté la vie familiale : belote acharnée entre Joseph, Marcel, Annick et Christine, et scrabble entre Mithé et moi.

20/10/84

Nous voici de retour au Fort. Pépé est en gériâtrie, va un peu mieux, mais que tout cela est fort triste.

J’ai téléphoné à Jean-Yves hier en passant à Quimper.

Claude est arrivé hier soir et fait de la planche à voile ce matin.

22/10/84

Hier, nous avions Jean-Yves, Martine et les enfants. Lauréline grandit, Stéphane aime autant jouer au ping-pong, il aime jouer, ce qui est bien, même s’il rouspète toujours !

Mikaël aussi aime jouer, mais peut-être un peu moins que son frère. Il est aussi grand que moi !

25/10/84

Apparement, les hausses habituelles de l’été n’étaient pas destinées à nous augmenter la pension, ni les salaires ; +3% pour 84, alors que les prix vont augmenter de 7% au moins !

A Morlaix, pas de changement pour pépé. Toujours aussi triste.

28/10/84

Nous allons à Bannalec pour fêter les deux ans de Floris le bigouden !

Il ne fait pas beau, alors qu’hier le soleil brillait.

Nous avons fait le tour du lac en marchant doucement 

29/10/84

Hier, nous étions une nouvelle fois d’heureux papy et mamie. Floris a soufflé ses deux bougies. Coralie aussi, et tout le monde était heureux.

J’ai consolé Coralie en la prenant dans mes bras ! Mais cet   « exploit «  deviendra de plus en plus rare. Comme porter Floris sur mes épaules…

Nous vieillissons petit à petit et notre comportement aussi. Ainsi, nous nous levons de plus en plus tard : 8h30, 9h . Moi, à 20h30 je me couche pour lire et à 21 h il n’est pas rare que j’éteigne la lumière. Annick reste à regarder la télévision presque tous les soirs.

Mais, j’ai repris le vélo : aller-retour Guidel-Plages pour chercher le journal ! 1 h pour cela, c’est lent a dit Anita, et Annick de dire : «  mais il a 61 ans ! ».

Et comme dirait Erwan :  « Je va se pointer ! » ( se chronométrer)

A suivre

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 06:57

11/10/84

Travaux matériels : isolation des volets roulants, ou plutôt finition, Nous verrons s’il y aura moins de vent maintenant à l’intérieur de la maison.

 (Conservé un article du Télégramme de Morlaix : consommation journalière conseillée : hommes, femmes, viande, fruits, sucre…!)

21h : Et voilà, calfeutrage de la maison presque terminé. Nous prévoyons l’installation d’un sas à l’entrée pour terminer.

Durant notre séjour à Morlaix, nous avons perdu un autre cousin d’Annick : Yvon. Quel charmant garçon .

Pour l’enterrement nous avons eu un temps déplorable, et nous avons dormi chez Micheline à Vitré. Nous étions usés..

14/10/84

Pépé

Aussi incroyable que cela puisse paraître, toutes les nouvelles que nous recevons de mon père concordent : il est entrain de reprendre goût à la vie !

Récapitulons : Joseph et Christine étant dans l’impossibilité de continuer à le soigner et à l’alimenter, le docteur l’admet en médecine. Il y reste quatre semaines.

Ensuite, il est admis en gériâtrie, service pour les convalescents ?

Ensuite, c’est tout le mystère de l’avenir. Et tout d’abord, comment va-t-il s’alimenter seul à nouveau ?

Ce week-end, nous avions Philippe et Anita, Coralie et Floris. Nous avons passé de bons moments ensemble, ça c’est la vie.

Claude est du côté de Lizio, dans un logis rural où il réaménage une partie de son mobilier débarqué ici il y a quelques mois ; Cette fois, il a embarqué ses deux fauteuils.

16/10/84

Jean-Yves a 34 ans, que le temps passe !

Nous devons prendre une décision en ce qui concerne Pépé : rester à l’hôpital des anciens en payant une pension ? où le prendre avec nous ?

Ce n'est pas facile.

A suivre

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 07:15

10/10/1984

Maux de tête, quel crâne !

Les nouvelles de Pépé ne sont pas bonnes, aucune amélioration.

Nous reprenons difficilement nos occupations au Fort. Annick semble se réadapter mieux que moi.

11/10/84

Hier, je fus voir “ Bombes sur Lorient ”, ou la destruction de la ville durant la guerre 39/45.

Relevé particulièrement le tonnage important de navires marchands coulés par les sous-marins allemands aux abords de l’Europe d’abord entre 39 et 41, puis auprès de l’Amérique entre 42 et 43, et le peu de sous-marins coulés avant 43.

Puis, renversement de situation après juillet 43. La base sous-marine ne fut pas détruite. La force des bombes aujourd’hui la réduirait probablement, ou plutôt sûrement en poussière, si elle était bombardée ;

Triste époque pour ceux qui ont eu des morts, des biens détruits, pour ceux qui ont assisté à l’agonie de la ville.

à suivre

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 07:10

24/9/1984

Claude est passé au Fort avec sa “ troupe ”, son équipage devrais-je dire ! Trois matelots guère plus qualifiés que nous, mais jeunes, donc aptes à apprendre facilement.

9/10/84

Nous avons passé deux semaines à Morlaix, à la Fouasserie.

Pépé est toujours à l’hôpital et dans le même état qu’en y entrant malgré les traitements médicaux ordonnés : sous perfusion, gélules, piqûres…. Il ne parle pas ou si peu, pour dire oui ou non., ou encore un signe de tête.

Une seule fois en 15 jours il m’a dit : “  Oui Jean ” A Annick il a dit quelques mots aussi.

Il est faible, très faible, et si nous n’allions pas lui donner à manger ( 1h à 1h30 de présence à chaque fois), il serait malheureux.

Les infirmières et le personnel sont très gentils avec lui.

A suivre

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 07:00

19/9/1984

Annick a eu un violent mal de tête cette nuit.

Ce matin, je m’occupe d’envoyer la voiture de Claude au garage

Et il reste la peinture des vasistas et portes à peindre.

21h

Suite à un coup de fil de Joseph et Christine, je commence à croire que Pépé ne s’en sortira pas. J’ai du mal à me faire à cette idée.

A suivre 21/9/1984

Mon père revient à la vie ? Extraordinaire ! Il a dit : “ Ah, c’est toi Christine ? ” Et à Mithé : “ Tiens, tu es là aussi ? ”

Mystères de la maladie !

23/9/1984

Je me rappelle que le visage de Jean-Yves était décomposé lorsqu’il a vu la réaction sans vie de Pépé.

Par contre, Lauréline souriait, en rajoutait, faisait signe de la main, disait au revoir…en vain, car mon père, s’il la reconnue, ne pouvait ce jour-là s’exprimer.

A suivre

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 07:25

11/9/1984

Repartons demain pour Morlaix où l’état de mon père ne s’améliore pas.aquarelle 2

14/9/84

Pépé est hospitalisé à Morlaix en médecine, chambre 263. Son cerveau semble atrophié et ne commande plus aux muscles. Peut-être comprend-il, mais ne peut plus répondre ?

15/9/1984

Pas d’amélioration malgré qu’il soit sous perfusion.

16/9/1984

Demain nous irons avec Jean-Yves rendre visite à Pépé.

Claude est sur le bateau au ponton avec des amis. Ils doivent être ballottés car le vent souffle fort. Mais Claude est un spécialiste des tempêtes ! Il lui faudra cependant être prudent pour sortir de Guidel-Plages…et ensuite aussi.

18/9/1984

Nous avons rendu visite à Pépé qui ne semble pas remonter la pente. Tout ceci est fort triste pour tous. Jean-Yves et Martine l’ont trouvé très changé. Mais, tant qu’il y a de la vie y a de l’espoir…dit la chanson ! Mais cette vie est si fragile qu’elle ne tient qu’à un fil pour Pépé.

Pour Claude, le vent est tombé, donc il doit être du côté de Port Tudy, à Groix.

A suivre

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